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Etats Sauvages

Mes yeux collent à leurs rides, ma main désire jouer leurs mouvements, je m’absorbe dans les plis. Quand la rencontre a lieu, trouve son rythme, c’est une fête ! Entre mes veines et celles de la montagne, ça chante, ça pulse, ça danse, je suis vivante !

La presqu’île de Crozon m’aimante par ses falaises qui jouent avec l’océan. Les mouvements de la roche me parlent de l’eau et du mouvement de toute chose. Ils me racontent une autre échelle de temps. Tous ces siècles m’invitent à la lenteur : se poser. Sentir, dans une attention aigüe sur le fil du rasoir, dans cette ouverture où tout le corps pense : Sentir est l’état le plus sauvage de la pensée.

L’état le plus ancien du sauvage, les roches, éveillent ce désir en moi : sentir, jouer, trouver l’accord, laisser fluer. Le corps de la montagne pense en moi, ma main l’écrit.

La question du sauvage soulève la question de l’anthropocène, de la mécanisation et des technologies. De moins en moins de sauvage sur terre : laissons ondes et machines tout envelopper, et même les montagnes finiront par saigner.

Le 09.12.2015, à Saint- Christol